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écrit le 2010-06-25 - Kwekwe, RSA
Safari à Kwé Kwé
A la recherche d’un peu de chaleur et durant la réparation du prototype confié à Stephen, un électronicien à Johannesburg, nous avons rejoint le Nord pour visiter une réserve.
L'aventure continue en Afrique du Sud avec 3000 km au programme entre Johannesburg, Le Cap et Pretoria.
 Nous sommes invités par Valérie et Alain au Lodge de Kwé Kwé à 200 km au Nord de Pretoria dans la province de Limpopo près d’une ville nommée Marble Hall. La région est occupée par les fermes et les élevages extensifs. Les reliefs permettent d’avoir des essences différentes et de nombreux points de vue sur la vallée.

Il fait plus chaud qu’à Johannesburg où les températures ont chuté plusieurs nuits sous zéro. Ici il ne fait pas moins de 5 c° la nuit et la journée, le thermomètre monte souvent jusqu’à 30 c° au soleil.

 

Le lodge comprend quatre ensembles d’habitations inspirés de la tradition africaines. Maisons Ndembele de la région, Tata Somba du Togo, architecture dogon du Mali… chaque ensemble possède sa piscine, un jardin, des fleurs qui attirent quantité d’oiseaux semblables à des colibris. Un vrai paradis terrestre. On voit, la nuit, des antilopes manger la pelouse à quelques mètres des lodges. Le site est autonome, utilise l’eau du puits, et chauffe l’eau grâce à des installations solaires performantes. Il n’y a pas de chauffage, les murs épais restituent la chaleur du jour durant la nuit.

La réserve compte plus de 300 hectares et contient de nombreux animaux sauvages : girafes, gnous, antilopes, impalas, zèbres, kudus, guibs… le tout s’ébat dans une végétation variée de savane arborée. Les points d’eau permettent l’observation des grands herbivores. Aucune espèce dangereuse n’est présente, ce qui autorise tous les types de véhicules, y compris la marche à pied.

 

Le safari va se faire en voiture, en voiture à pédale (quistax), en vélo et à pied pour comparer l’approche et la vision qu’on peut avoir des animaux.

Dans une réserve, on ne roule pas au-delà de 40 km/h.

La Toyota Hilux consomme 10 litres/100 km, fait du bruit et effraie les animaux par sa masse bien visible.

Le Kwistax ne roule pas très vite, mais il permet d’embarquer de 2 à 8 personnes sans consommer de carburant.

Le Vélo roule plus vite que le Kwistax, mais est individuel.

A pied, on va bien moins vite, mais on passe partout, les animaux craignent par contre les animaux à… deux pattes

A tout choisir le vélo est plus performant, léger, rapide, économique mais tout comme le Kwistax, il subit les crevaisons à cause des épines d’acacias.

Ma préférence va au prototype qui attend de reprendre la route en direction du désert du Kalahari.

Visitez Kwé Kwé sur : www.kwekwefarm.com

 


Visitez Kwé Kwé sur : www.kwekwefarm.com
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Coptocap in South Africa - Kwé Kwé Lodge
écrit le 2010-06-20 - Marble Hall, RSA
Afrique du Sud, Du Gauteng au Limpopo
L’Afrique du Sud est un pays exceptionnellement prometteur avec un grand potentiel économique, mais les difficultés sont nombreuses à la création d’un Etat aux couleurs de l’arc-en-ciel qui ne se revendique pas uniquement de l’Afrique.
L'aventure continue en Afrique du Sud avec 3000 km au programme entre Johannesburg, Le Cap et Pretoria.
 Nous sommes à 200 km au Nord de Pretoria dans la province de Limpopo. Les terrains de culture dominent. Les villes sont rares et petites. Elles se résument souvent à quelques services et commerces.

Il y a aussi des trade post qui regroupent tous les services : pompe essence, boucherie, épicerie, vente de bouteilles de gaz, boîtes postales… Un monde en soi, nous sommes dans le bush, au cœur du pays afrikaner. Ici on parle évidemment afrikaner. Une langue qui ne peut que porter à « l’isolement culturel ». C’est sans doute ce que vivent les fermiers boers qui se maintiennent dans la région. Dernièrement, l’Etat rachète des terres pour les redistribuer à des fermiers noirs. Ceux-ci bénéficient d’aides et parfois d’une formation donnée par un boer qui devient leur tuteur. Tout réside cependant dans la formation qui fait grandement défaut en Afrique du Sud. C’est le cas aussi pour l’éducation pour les gens de couleur. 15 ans après le changement de régime, on ne peut pas dire que l’investissement ait été fait dans ce sens.


Nous avons rencontré Ben qui récupère des ordinateurs pour les remettre à plus de 300 établissements scolaires dans le Nord du pays. Son projet contribue à améliorer l’enseignement. Ce sera l’enjeu majeur de demain, selon lui, pour que la nouvelle génération de politiciens prenne conscience de l’importance de leur fonction. Aujourd’hui, la classe politique est tombée dans la course au profit à court terme. Ce qui provoque une grande crise de confiance de la part de l’électorat. Les dissensions entre les groupes ethniques deviennent également un frein au bon fonctionnement du pays. Que dire des étrangers, Mozambicains, Zimbawéens, Congolais qui subissent un rejet évident tout en assurant une main-d’œuvre très abordable.  Les blancs, divisés en deux camps, (afrikaners-anglophones) prétendent subir la discrimination, renforcée par le sentiment d’insécurité mis sur le compte du racisme qu’ils subiraient aujourd’hui. De l’avis de tous, les années Mandela étaient fantastiques et marquées par la réconciliation.


Suivre un match de football dans une petite ville de province telle que Marble Hall est révélateur. Les Sud-africains ne sont pas fans de football et peu intéressés par les résultats. Ce soir l’Afrique du Sud joue contre l’Uruguay et le score final est désastreux pour les Bafana bafana (les jeunes garçons). Leur surnom en dit long sur leurs expériences au niveau international.


Dans le bar, le propriétaire a installé un écran géant. Les Vuvuzouelas retentissent. Le Buffalo Inn fait le plein. Que des clients noirs et principalement des hommes et puis deux étrangers perdus dans la masse devant un public assez étonné de nous voir ici. Le patron est un blanc. Aux murs des trophées d’antilope, de buffle… L’alcool coule à flot. Il fait froid et il n’y a pas de chauffage. Personne ne chauffe ici. Il suffit de rajouter une couche de vêtement. Ce qu’on oublie d’appliquer sous nos latitudes.


Une fois le match achevé les clients s’en retournent chez eux à plusieurs kilomètres d’ici car aucun ne vit dans la ville. Ils regagnent leur village. Ville blanche, campagne noire. Les villages des Ndembele s’étendent sur une bande de 300 km. Ils pratiquent une agriculture de subsistance et de l’élevage. Ils se placent sous l’autorité coutumière qui, dans le régime de la post-Apartheid, est reconnue au sein d’une nouvelle structure étatique. Une manière de contrôler l’électorat et de distribuer des largesses aux communautés proches de l’ANC.


Ce week-end nous sommes invités à un anniversaire organisé par des propriétaires afrikaners. Ici, c’est le rugby qui prévaut et le braaie (barbecue en afrikaner). Le Pinotage coule à flot ainsi que tous les vins sud-africains qui n’ont pas grand-chose à envier aux vins français. Les Boers – nom qu’ils revendiquent - tentent de se justifier par rapport à l’histoire. Entre les danses du canard locales et les chansons afrikaners, nos hôtes répètent à qui veut l’entendre que le gouvernement actuel est corrompu et qu’il rappelle les blancs pour mettre de l’ordre et tenter de juguler la corruption. Les Boers subiraient une vague de criminalité qui toucherait les fermiers âgés isolés. Nombre d’entre eux seraient partis chercher des terres ailleurs, au Mozambique, au Zimbabwe et seraient engagés un peu partout en Afrique pour lancer des projets agricoles et développer des mines. Il est vrai que durant le voyage, j’ai rencontré de nombreux Afrikaners travaillant dans les mines d’or du Mali et du Ghana, des Boers dans les projets agricoles au Burkina et au Bénin. Une nouvelle sorte d’expatriés compétents qui aideront certainement au développement des pays dans lesquels ils travaillent.


Faisant partie d’une communauté très soudée, les Afrikaners sont en majorité pessimistes concernant une cohabitation pacifique entre les communautés. Il faut évidemment prendre du recul. Nous sommes loin de années durant lesquelles ils régnaient en «maîtres ». Leurs fermes sont très rentables. Depuis une dizaine d’années, ils produisent des oranges qui s’exportent. Ils fournissent également de la nourriture aux pays voisins qui connaissent des famines ou des situations instables comme le Zimbabwe autrefois grand exportateur de céréales. Au final, ils ne s’en sortent pas si mal. Devant les étrangers que nous sommes, ils se doivent de se justifier. Justifier les disparités sociales et les écarts de richesses qui seront bien difficiles à aplanir. Cette minorité qui représente 6% serait-elle menacée de disparition comme ils le prétendent. Pas si sur. Ce qui est certain, c’est qu’ils vont devoir partager avec la majorité noire pour éviter de connaître le même sort. Serait-ce possible ? Faisant partie d’une minorité d’extrême droite aura-t-elle l’intelligence d’adapter son discours pour sa survie ?


Sera-t-elle absorbée par la classe moyenne multiculturelle qui formera sans doute la base social et économique de l’Afrique du Sud ?


Visitez le projet de Ben : www.netday.org.za


 

 

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