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écrit le 2010-04-28 - Rosso
Le parc national du Djawling
Quand l'homme rétablit l'équilibre qu'il a détruit
 En Mauritanie, le dimanche est le premier jour de la semaine puisque le week-end commence le vendredi pour s’achever le samedi soir.

Nous reprenons la route en direction du Sud. Pour éviter les pistes, un détour de plus de 100 km est nécessaire. Il faut d’abord atteindre Rosso sur le fleuve Sénégal, puis emprunter la digue jusqu’au barrage de Diama. Cette digue, contrairement aux informations glanées, n’est bonnes que sur les 40 derniers kilomètres. La piste est mauvaise au point qu’on ne peut pas rouler à plus de 30 km/h.

 Un transistor sensé réguler le flux des batteries au régulateur se met à fondre durant le trajet. En prenant 30c° de plus au thermomètre, il est vrai qu’il est devenu urgent de « tropicaliser » l’installation électrique. Les essais provoquent le « grillage » de 2 régulateurs et de 2 transistors. En voyant l’engin rouler en silence tous feux allumés, les esprits s’aventurent à s’imaginer roulant à l’électricité produite par le soleil qui ne manque pas.

 Nous arrivons avec quelques heures de retard au bureau de la conservation où je retrouve les acteurs du reportage que j’avais réalisé l’an dernier en soutien aux efforts de protection environnementale dans la vallée du fleuve Sénégal. Côté mauritanien, l’homme a su rétablir le déséquilibre provoqué par la création d’un barrage anti-sel facilitant le développement de l’agriculture mais mettant à mal l’équilibre naturel. L’alternance entre l’eau douce du fleuve et l’eau salée avait un effet régulateur sur la faune et la flore. A l’aide d’ouvrages hydrauliques, l’alternance est rétablie. La faune et la population augmente en nombre, résultat d’une gestion rigoureuse qui favorise à la fois l’activité humaine et la faune sauvage y compris de milliers d’oiseaux migrateurs, de phacochères, de crocodiles, de pythons…

J’ai plaisir à leur remettre des copies du documentaire et regrette de ne pouvoir le visionner avec eux car il faut passer la frontière avant la nuit et entrer au Sénégal le 10e pays. 

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écrit le 2010-04-26 - Nouakchott
La Mauritanie
La route vers la Mauritanie est un long ruban de bitume qui longe la côte. Plus de 2000 km traversant un désert de pierres.
 A la frontière, les douaniers se souviennent de mon passage de l’an dernier à bord du premier prototype électrique. Tous se remémorent avec moult gestes les formes et les performances de ce véhicule sorti de nulle part. Cela facilite les formalités.

 

La station du Nord établie au kilomètre 200, annonce le puit de Shami. La station-service est protégée du vent de sable par un mur haut de trois mètres déjà ensablé à l’Est. La station comprends une mosquée, un salon de repos garni de matelas et de tapis, une boutique, un restaurant, deux espaces extérieurs aménagés à l’ombre pour prendre le thé le plus confortablement et, à l’écart, les sanitaires et la pièce d’un réparateur de pneus.

 

Je retrouve Arthoum, chef du village des pêcheurs Imraghen maures d’Arkheiss dans le parc national du Banc d’Arguin. Il vient de casser sa boite de vitesse et va la changée à même le sable. Une heure seulement de travail et nous voilà lancé à près de 100 km/h sur la piste que mène au campement. Le tout-terrain consomme 20 litres au 100km. Arthoum transporte 2,5 tonnes de poissons dans son pickup.

 

Le parc national du Banc d’Arguin

On pêche toujours autant de requins. Pourtant il s’agit d’un parc et d’espèces protégées. Les seuls bateaux autorisés évoluent à la voile ce qui n’est pas évident au 21e siècle. Même l’inspecteur des pêches avoue son impuissance car lui il vit ici et ne doit pas se mettre à dos les pêcheurs imraghen. Les ailerons de requins sont tellement rentables qu’il est difficile d’envisager de se passer de cette manne providentielle. Les carcasses de requins à museau pointu, requins marteau et juvéniles de raies sont parfois traitées plusieurs jours après leur pêche. Ils trempent dans une saumure et seront ensuite transformés en farine de poisson exportée vers le Ghana. Seul pays où les gens consomment du requin sous cette forme.

La situation du parc s’aggrave en raison des pannes répétées touchant les radars qui contrôlent la côte et empêchent les braconniers. Les vedettes de surveillance sont également en panne ce qui empêche la poursuite en mer des contrevenants en général des piroguiers sénégalais qui échappent aux radars. Les amendes sont d’ailleurs peu élevées et n’équivalent pas le revenu d’une pêche. La pirogue en cas d’intervention est immobilisée pour quinze jours seulement. Toutes mesures qui ne découragement pas les piroguiers.

 

Au centre culturel français de Nouakchott, l’exposition « En route vers le Futur » a rencontré un vif succès. La salle a applaudi le film Dakar no OIL projeté à 18 heures. Le prototype a failli griller un second transistor qui s’est mis à chauffer sérieusement lors du parcours jusqu’à l’enceinte de l’Ambassade de France. L’électricien Samba s’y est repris à deux fois pour souder ce transistor récalcitrant. Heureusement, le travail fut terminé à temps pour les essais devant public. Mais, la pièce reste trop faible par rapport à la puissance du courant des batteries. Chapeau au Centre culturel qui a monté l’opération en 4 jours !

 

Demain, direction Saint-Louis au Sénégal en passant par le parc du Djawling et une partie de beau désert vivant. Ou les dunes plantées de tentes varient en couleur avec le soleil et les teintes allant du blanc au rouge.

J’ai rendez-vous au poste du parc pour présenter un film réalisé sur le parc l’an dernier. Ce parc est une réussite de la cohabitation entre la faune et la population locale alors que l’équilibre naturel de l’estuaire du fleuve Sénégal avait été mis à mal par la création d’un barrage. 

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